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de John Goetelen
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Histoire d’une fausse accusation
Romantique
Romantique
On me demande parfois comment je me situe socialement ou politiquement, car mon discours est souvent hors des schémas et des clivages connus.
Politiquement, je suis un libéral - social - écologiste. Je suis tenant de libre entreprise, de démocratie et de liberté individuelle, ayant une fibre solidaire et collective et favorable à un état régulateur, et enfin sensible à une dimension globale de l’humain dans son environnement. Il y a de bonnes idées à gauche mais je ne soutiens pas son côté doctrinaire et stalinien rampant, ni son parti-pris actuel anti-homme où la lutte des sexes est un dérivé caché de la lutte des classes. Il y a aussi de bonnes idées à droite mais je ne partage pas les excès qui mettent en péril la cohésion sociale. De plus, le clivage gauche-droite ne permet pas d’appréhender la réalité du monde dans sa complexité actuelle.
Mais si je dois m’identifier plus largement à un courant culturel majeur, je suis sans nul doute un romantique. Pas le romantisme guimauve qui pollue les ondes avec des chansons bêtifiantes sur l’amour ou de la poésie à quatre sous, non.
Le romantisme a plusieurs facettes. C’est d’abord être épris de liberté, de beauté, de justice et d’individualisme. Les romantiques ont été du côté de la démocratie, historiquement. Ils étaient souvent impliqués politiquement, et acharnés à défendre leurs idées.
Sur le plan artistique et culturel, la primeur est donnée à l’imagination, la sensibilité, la subjectivité. L’être intérieur, l’âme, sont revalorisés par rapport aux normes et images sociales, au “politiquement correct”.
Le romantique va au bout de lui-même. Il tente de vivre pleinement ses émotions et sentiments, et les exprime sans se soucier du jugement d’autrui. Il peut monter au plus haut de la lumière ou naviguer dans les profondeurs de l’esprit sans se perdre. Sa vérité intérieure, son authenticité, font office de fil et de continuité personnels. La vie et la mort font partie de ses thèmes habituels. Adorant l’une, flirtant parfois avec l’autre, il suit son exigence de lucidité sur lui-même et sur le monde.
S’il souffre, il souffre pleinement. S’il est heureux, il frôle l’extase de l’âme. Il peut être égoïste, égocentrique, comme il peut avoir la plus grande compassion pour autrui et s’engager dans un idéal humanitaire. Les contradictions ne lui font pas peur, il ne se fige pas sur un seul comportement mais assume ses multiples facettes. Il a aussi ses “mauvais” côtés, il fait des erreurs, il blesse parfois - qui ne le fait pas? Mais il sait se remettre en question quand il réalise cela. Il n’est fondamentalement ni bon ni mauvais, il est, tout simplement, et souvent intensément, tout en essayant de s’inscrire dans une cohérence intérieure et dans une perspective sociale.
Il peut être amoureux comblé ou désespéré, gentleman sensible ou révolutionnaire humaniste, provocateur à la liberté ou chantre de la justice. Il est rarement tiède. Il suit une quête spirituelle chrétienne ou non, mais a horreur des gourous et maîtres à penser. Bien que très imaginatif et idéaliste, il peut aussi faire preuve de pragmatisme, voire de cynisme dans certaines situations.
Le romantisme est le lieu d’une grande aventure intérieure. Je pense que nous n’en avons pas fini avec ce courant majeur de la pensée et du comportement.